Rite Forestier des Carbonari


Histoire des Carbonari

1805-1881
TRIOMPHE DE L'ESOTERISME LIBERTAIRE
L'explosion carbonariste
La première charbonnerie s'impliquant sur le terrain historique fut italienne. Elle fut la réponse activiste et rudimentaire à la réaction conservatrice catholique, dont le porte-parole est le Franc-Maçon du Rite Ecossais Rectifié Joseph de Maistre et qui, jusque vers 1830, s'exprimait dans les revues littéraires ou économiques. 
La question libérale et nationale, posée par la révolution française est reprise par ces fraternités secrètes qui font pendant aux Loges maçonniques françaises sous contrôle de l'Empereur. Sous sa première forme napolitaine, la charbonnerie est essentiellement antifrançaise et opère contre Murat.
 Mais, passant à l'acte par la seule sédition fomentée dans des garnisons, sans qu'une liaison soit généralement établie avec les forces populaires ou l'élite libérale qui, seules, pourraient donner une consistance à la révolution, la charbonnerie italienne s'agite en vain. Des années 1820 aux années 1830, le carbonarisme entretient des troubles dans la péninsule qui culmine dans la vague révolutionnaire de 1820-1821, à Naples et en Piémont. Mais l'échec de ces mouvements déclenche une répression, sous forme de procès, dans les États de l'Église et dans le Lombard-Vénitien qui achève le mouvement italien dans les années 1830.
Il est remarquable que cette charbonnerie italienne ait pour cœur actif Naples . Car c'est là où officient les deux bras droits de Philipppe Buonarroti, Teste et Briot , qui vont transporter le centre de direction vers Gênes puis à Naples et fonder la seconde Charbonnerie, précommuniste et misraïmite. Tous trois militent ardemment à Misraïm. 
A Paris, la charbonnerie réformée est animée, en liaison avec les libéraux français, comme Buchez , par des proscrits politiques comme Philippe Buonarroti . Ce dernier, sous le couvert de la Franc-Maçonnerie, fonde successivement entre autres les loges des Sublimes Maîtres Parfaits et de la Charbonnerie française, organise sans relâche des réseaux de sociétés secrètes à travers la France et l'Italie, et même à travers toute l'Europe, sans jamais perdre de vue l'idéal babouviste du communisme égalitaire. 
Trait d'union entre l'Italie et la France, trait d'union entre la révolution démocratique de Robespierre et la révolution sociale de Babeuf, trait d'union entre l'ancienne maçonnerie des Lumières et le carbonarisme dont il est l'un des créateurs et des chefs secrets, trait d'union entre la révolution du 18ème siècle et celle du 19ème, Buonarroti est le type même de ces semi-obscurs qui rendent possible un grand avenir. 
Or, au cœur du système d'implantation de la charbonnerie française, comme couverture, on trouve l'essentiel des Loges misraïmites. 
Car en ces temps d'incertitude politique, la franc-maçonnerie n'est pas épargnée non plus par la décrépitude. Si l'on est rentier, propriétaire terrien, fonctionnaire, on émarge au Grand Orient, alors légitimiste. Quelques ateliers ne lui reconnaissent néanmoins pas l'autorité d'administrer la Maçonnerie nationale. Aussi émargent-ils à l'Ecossisme, et se plaçaient sous la juridiction du Suprême Conseil de France, au milieu de Frères d'un recrutement plus aristocratiques : officiers généraux, hauts fonctionnaires, banquiers, nobles etc… 
Mais quant à ceux qui voulaient comploter dans l'ombre contre le régime, ils s'affilièrent en masse à Misraïm d'abord, puis à Memphis. 
Car, dès juillet 1830, le vent de liberté qui souffla sur le pays eut aussi un écho en Loge, à la grande frayeur des deux Obédiences majeures qui craignirent les foudres du pouvoir en place. 
Aussi fut-il procédé à nombres de radiations, de telle sorte que, sous le règne de Louis XVIII, tous les comploteurs et les tempéraments un peu exaltés ou trop libéraux, trop politiques en somme, se retrouvent simultanément à émarger à trois associations clandestines, tantôt parallèles, tantôt superposées - jusqu'à entretenir la confusion même rituélique -, et qui sont Les Chevaliers de la Liberté, le Rite de Misraïm et la Charbonnerie. Dans cette maçonnerie irrégulière aux yeux du pouvoir, les Planches résonnent des accents précommunistes du babouvisme, - que l'on pourrait également appelé buonarrotisme. 
Les complots misraïmites connurent alors leur acmé en 1834, à Lyon, lorsqu'une centaine de membres de la Société des Droits de l'Homme téléguidée par Buonarroti furent arrêtés. Les mutuellistes passèrent en correctionnelle à Lyon qui se hissa aussitôt de barricades. Pour la première fois la drapeau noir fut brandi, et la bataille fit rage pendant cinq jours. 
Puis l'insurrection gagna Paris, mais fut violemment matée par Guizot. Ce furent les derniers feux que le premier carbonarisme français jeta dans le siècle. Bientôt, c'en fut finit de cette seconde charbonnerie, certes plus politique que l'italienne car précommuniste, mais pas encore arrivée à maturité politique.
La place fut laissée dès 1833 à une Charbonnerie d'un nouveau style, troisième du genre, la Charbonnerie Démocratique Universelle, instrumentalisée notamment par Charles Teste et Voyer d'Argenson. Plus organisée que la précédente, elle se distingue, dans la rigueur de son organisation, par un jeu de poupées gigognes où chaque vente de Charbonnerie était couverte par une Loge de Misraïm. Sur le plan politique, elle s'internationalise, en établissant des relais, en plus de la France et de l'Italie, en Belgique et notamment à Bruxelles. 
Sur le plan politique, elle privilégie la sélection d'une minorité qui détiendra les clefs de la technique insurrectionnelle. Cette Charbonnerie Démocratique Universelle laissera son empreinte dans l'esprit de Blanqui, car elle conjoint le jacobinisme étatiste au communiste babouviste. 
Les liens occultes s'étendent juqu'aux Adelphes ou Philaldelphes, et établissent des contact avec Genève. La correspondance se signe de cinq points, qu'elle soit misraïmite ou carbonariste. 
Mais en 1851, le coup d'Etat du deux décembre, se solde par une hécatombe dans les rangs des insurgés , carbonaristes donc misraïmites. Les cinq cent morts, les vingt six mille arrestations, les dix mille déportations décapitent les organisations. 
Le parti républicain est anéanti ; les sociétés secrètes sont démantelées. Les survivants se réfugient hors de France, en Angleterre, où ils sont accueillies par d'autres Loges égyptiennes. Mais celles-ci ne sont pas misraïmites car elles n'y furent pas exportées, mais memphites. Qu'à cela ne tienne, nos révolutionnaires n'en prennent pas ombrage. 
Le symbolisme reste le même, et l'essentiel est qu'elles ne soient ni soumises au Grand Orient ni à l'Ecossisme. C'est le cas, car on est encore dans une Maçonnerie marginale, redoutée et honnie par les bourgeois de droite comme de gauche, - et les pétroleurs français s'y pourront donc retrouver pour panser leurs plaies et hâter la révolution en se nourrissant du marxisme, lui aussi à cette époque londonien.
En 1851, les proscrits fondèrent à Londres une Loge sous le vocable de Les Philadelphes, puis une autre, Les Proscrits . 
Ils reprirent le Rite de Memphis , le laïcisèrent plus encore, et l'investirent sous cette nouvelle forme athée. Il y eut encore, au Rite réformé de Memphis, Les Gymnosophistes Loge à laquelle émargea… le fondateur du socialisme, Pierre Leroux !

LES BRAISES SOUS LA CENDRE
Réveil du carbonarisme initiatique et insurrectionnel

V – DEVENIR FUMEE
RIT••• PRIMITIF C•••
1er  GRADE - APPRENTISSAGE
Du néant à la vie
DISPOSITION ET DECORATION DE LA V•••

Si autrefois, la V••• se tenait en pleine nature dans une clairière au clair de lune parce que la Forêt était le refuge du Maquisard, aujourd’hui que le béton fleurit par toute la terre et que le désert et la jungle sont urbaines, il a été convenu que la V••• de carbonari peut être tenue dans un site urbain.
En ce cas, ce devra être un site laissé à l’abandon, dans une zone hostile, comme un terrain vague, une cave d’immeuble, un chantier en construction.
Les BB••• CC••• sont en chemise, si possible manches retroussées et bras découverts, et doivent porter une ceinture de cuir.
Ils ont d’épaisses chaussures, et les costumes doivent être troqués contre des habits de toile épaisse et pratique, de campagne ou de travailleur, comme s’ils sortaient effectivement d’un chantier de plein air.
Ils doivent venir à la V••• armés s’ils le peuvent, soit du poignard rituel marqué au sceau de la mort, soit enfin d’une arme à feu.
Le visage doit être masqué et nul ne se découvre de toute la cérémonie, de telle sorte qu’il devient difficile pour un profane de distinguer les BB••• CC••• les uns des autres ou de les reconnaître.
Si, dans les temps anciens, c’était le Charb••• sur la face qui faisait office de masque, il est plus approprié aujourd’hui de porter un foulard, une cagoule, un passe-montagne, ou tout couvre-chef rendant difficile l’identification.
Les BB••• CC••• restent constamment coiffés ou masqués pendant la cérémonie.
Il ne faut pas que les BB••• CC••• paraissent ici apprêtés ou déguisés.
Ainsi, s’il advenait que, par un malheureux hasard, ils fussent contraint d’interrompre la V••• et de se fondre dans la foule, ils seraient difficilement repérables, tant ils pourraient passer, ainsi accoutrés, pour de modernes ouvriers de chantier d’extérieur.
L’Assemblée forme un cercle. Ce cercle aura été tracé préalablement à la cérémonie par le Cousin Piqueur, à l’aide d’un morceau de Charbon, ou bien avec une craie, ou bien encore avec de l’eau ou simplement en le traçant à la surface du sol.
Il devra être de dimension suffisante pour que tous les membres de l’Assemblée puisse y siéger.
Trois BB••• CC••• sont positionnés à la périphérie du cercle comme s’ils étaient aux trois pointes d’un triangle équilatéral. Ce sont le Respectable Charbonnier, et les deux Gardes du chantier.
Dans le cas où la V••• est en extérieur, ces trois derniers BB••• CC••• ont chacun devant eux une souche, un tronc d’arbre, un billot, une pièce de bois, ou une table.
Dans le cas où la V••• est en zone urbaine, ou si la situation est périlleuse, il n’est pas besoin de ces éléments devant le Respectable et ses deux Gardes.
A la droite et à la gauche du R••• Ch••• siègent deux autres BB••• CC••• qui sont le Voyageur et le Veilleur.
Il est préférable que les B••• C••• soient debouts. Cependant, dans le cas où la cérémonie pourrait être longue en raison d’un ordre du jour chargé, on pourrait préparer quelques sièges qui seront rustiques, sobres, voire de fortune (tabourets, caisses...).
Il reste enfin la possibilité, pour une V••• de taille restreinte, dans une Baraque étroite, de prendre place à même le sol, sous la condition expresse que personne ne soit alors assis ou debout.
A l’extérieur du cercle des BB••• CC•••, le Cousin Piqueur surveille les alentours de la V•••.
Il porte, si possible, une arme à feu.
Il peut choisir d’être épaulé, dans sa mission de sentinelle par tout Bon Cousin qu’il estimera nécessaire.
Sur la table (si elle existe) que se partagent le R••• Ch•••, le Veil••• et le Voy•••, on aura mis du pain, du vin, une couronne d’aubépine blanche, et cinq pièces de monnaie.
S’il n’est pas possible, pour des raisons d’urgence ou de zone urbaine de trouver du pain et du vin, il faut les remplacer par deux substances renvoyant aux deux natures terrestre et spirituelle, c’est pourquoi la première devra impérativement être faite des moissons de la terre, et l’autre devra-t-elle contenir l’esprit de la terre.
S’il n’est pas non plus possible de tresser la couronne d’aubépine blanche, ou s’il n’est pas d’essence végétale disponible, la couronne devra être remplacée par un bandeau de toile rugueuse, baisé par le Respectable Charbonnier et qui sera ceint durement autour du front de l’impétrant pendant la cérémonie.
Juste devant le R••• Ch•••, on aura mis deux armes à feu entrecroisées, ou une seule, (le fût du canon dirigée face au R••• Ch•••), ou encore un poignard.
Devant la table (si elle existe) qui fait office de plateau pour le R••• Ch•••, le Voy••• et le Veil•••, on aura pris soin de déposer à même le sol sur un linge blanc les bases suivantes :
  1. ledit linge blanc
  2. une chandelle allumée
  3. un verre d’eau
  4. une salière pleine
  5. un miroir
On pourra aussi y adjoindre :
  • deux branches liées en croix, l’une effeuillée, l’autre garnie de ses feuilles
  • une tresse de quelques rubans noir, rouge, bleu
  • une branchette de houx (" la pierre de comparaison ")
  • une hache et une pelle posées en croix l’une sur l’autre, la pelle au-dessus pour les travaux spéculatifs, la hache au-dessus pour les travaux politiques.
  • une pelote de fil
  • des bûches
  • un peu de terre
  • quelques feuilles
  • une couronne d’églantine (nécessaire pour l’initiation d’App•••)
  • une échelle miniature à sept barreaux
  • du fil et une aiguille
  • etc...
La composition des bases avant la cérémonie proprement dite est un moment très important, car en sus des cinq bases incontournables, il est possible d’adapter les objets symboliques à la nature de la cérémonie du jour.
Ainsi cette souplesse permet-elle de rendre plus de force encore au rituel.
OUVERTURE DES TRAVAUX
1 - Batteries et acclamations rituelles d’ouverture :
Le R••• Ch••• bat l’Av••• ; les deux BB••• CC••• GG••• du Chantier battent l’un après l’autre de droite à gauche. Battre l’Av••• signifie donner un coup de poignard devant soi.
Si les BB••• CC••• sont dépouillés de leur lame, il est possible exceptionnellement, de battre la Diane.
En ce cas, il s’agit de frapper l’un contre l’autre les deux poignets, poings serrés, à hauteur du cœur.
Sitôt l’Av••• battu par les trois BB••• CC•••, le R••• Ch••• invite les BB••• CC••• présents à se mettre à l’ordre, lui compris.
L’ordre se fait debout, en mettant à hauteur du nombril les bras en croix, le poignet droit sur le poignet gauche, et en tenant le poignard verticalement. Chacun s’exécute.
Simultanément, on frappe du pied droit en l’écartant légèrement du gauche, mais en les laissant parallèles l’un à l’autre, et on s’écrie :
A l’Av••• !
Le R••• Ch••• bat ensuite cinq coups de son poignard comme suit : ●   ● ●   ● ●, et déclare la Vente ouverte.
2 - Présentation des bases :
Chacun quitte l’ordre et se met à ses aises.
Puis, le R••• Ch•••, s’adressant au Veil••• lui demande comment l’on fait un B••• C•••.
L’autre lui répond en désignant de la main les " bases ", c’est-à-dire les objets rituels qui se trouvent au cœur du triangle, sur le drap blanc.
Le Veil••• doit pour chacun des objets rituels, expliquer en quelques mots leur sens, selon le contexte de la V•••.
Il doit aussi s’exprimer sur le tronc sur lequel repose le drap blanc, le cas échéant.
Il est libre de son interprétation, mais ne doit pas pour autant faire un exposé qui n’en finirait plus.
Il doit être bref, mais ne pas se contenter des récitations des dictionnaires de symbolisme.
Traditionnellement, le tronc d’arbre sur lequel repose les cinq bases renvoie au ciel et à la rotondité du monde ; le drap renvoie également aux premiers langes de l’enfant qui vient de naître et au linceul qui enveloppe le mort ; l’eau a des vertus purificatrices ; le feu éclaire ; le sel assainit ; le miroir révèle l’homme à lui-même ; la pelote de fil unit tous les B••• C••• ; les bûches servent à chauffer le fourneau ; les feuilles couvrent la braise ; la couronne d’églantine rappelle les infortunes de la très sainte liberté ; les rubans sont les attributs de la C••• - bleu comme la fumée, noir comme le charbon, rouge comme le feu, etc...
3 - Questions :
Le R••• Ch••• s’adresse ensuite au Voy•••, et l’interroge sur trois points :
D’abord son origine, ensuite sur ce qu’il vient faire ici, enfin sur ce qu’il apporte.
A la question de son origine, le Voy••• interrogé répondra qu’il vient de la " Forêt du Roi " ; à propos de ce qu’il vient faire ici, il explique que " si cela semble du mal en apparence, cela se changera bientôt en bien " ; enfin, quant à savoir ce qu’il apporte, il répond qu’il " vient avec du bois, des feuilles et de la terre pour construire, frapper et cuire au fourneau ".
Le R••• Ch••• cherche à le questionner un peu plus sur ce dernier point, et le Voy••• révèle qu’il apporte aussi " Honneur, Vérité, Humanité " à tous les B••• C••• ici réunis.
Ensuite le R••• Ch••• interroge une dernière fois le Voy••• de cette manière (et c’est la seule partie rituelique qui est sue par cœur) :
  • Où est ton parrain ?
  • Le Voy••• tourne la tête à droite.
  • Où est ta marraine ?
  • Le Voy••• tourne la tête à gauche.
  • Où est ton père ?
  • Le Voy••• lève les yeux au ciel.
  • Où est ta mère ? "
  • Le Voy••• baisse les yeux vers la terre.
4 - Travaux :
On peut alors procéder aux Travaux.
Les discussions privées sont interdites pour la pleine clarté des exposés, et les GG••• peuvent rappeler à l’ordre les discourtois.
La demande de prise de parole se fait en plantant son poignard devant soi ou, à défaut, en battant la Diane.
La parole est répartie par le R••• Ch••• qui veille à ce que les temps de parole soient équitables, et que chacun soit traité sur un pied d’égalité, malgré les différences d’aisance d’expression.
Le R••• Ch••• intervient surtout dans les débats comme un modérateur de séance, qui synthétise la parole des uns et des autres, ramène au sujet lorsqu’on s’en écarte.
Lors des travaux, les BB••• CC••• peuvent circuler librement dans les limites du cercle initialement tracé par leur présence, sous la condition expresse du silence pendant les débats, et si le relâchement d’attention qui s’en suit ne nuit pas au débat.
Communément, on autorise les déplacement dans les travaux lorsque ceux-ci sont d’abord festifs, et ne sont que l’occasion de se retrouver, dans la paix, la joie et l’harmonie.
Seul le Cousin Piqueur peut franchir le cercle et passer indistinctement du sacré au profane. Il est enfin possible de faire circuler du pain, du café, du thé, du vin, du tabac, etc. à condition que les prises soient modestes et partagées.
Là encore, c’est aux GG••• d’intervenir s’ils estiment que la prudence n’est pas respectée.
Les Travaux de Charb••• sont discrets : ils ne sont jamais clos par de bruyantes agapes.
Aussi autorise-t-on donc le partage fraternel dans l’espace et le temps sacré, mais alors la nourriture partagée entre les hommes est également sacrifiée aux dieux.
C’est pourquoi une part modeste et minime de ce qui est partagé par les BB••• CC••• doit-il être aussi donné à leur Mère la Terre.
On prendra donc soin, avant de porter pour la première fois la nourriture ou la boisson aux lèvres, d’en glisser une petite part en offrande sous la terre.
Lorsqu’il s’agit de fumer, la première bouffée soufflée doit être dirigée vers le Ciel, vers le Père.
INITIATION
a) Préparatifs :
Le récipiendaire est invité à se rendre à l’heure de la prochaine V•••, dans les environs de la Baraque.
Il doit ignorer précisément le lieu de la rencontre, et ses enquêteurs lui auront laissé entendre qu’ils sera contacté par l’un des leurs.
On lui recommande aussi de venir armé dans l’éventualité d’un guet-apens.
Le R••• Ch••• invite le C••• P••• à faire un tour dans la Forêt, à l’extérieur de la V••• pour y rencontrer éventuellement des curieux et les constituer prisonniers pour les amener ici.
Le C••• P••• sort et parcourt la Forêt ; il peut éventuellement se faire aider d’autres B••• C••• qu’il a loisir de réquisitionner pour la peine.
S’il rencontre le récipiendaire, il le menace avec son arme, le désarme, lui ôte son argent et son habit et l’amène à la porte du chantier où il le laisse.
Puis il s’annonce par ces mots : " A l’avantage ! ".
Le R••• Ch••• lui répond de même.
Le C••• P•••, accompagné de ses acolytes éventuels, rentre et jette au milieu du cercle le résultat de ses rapines sur le Guêpier.
On lui demande de ses nouvelles ; il annonce la découverte d’un impétrant.
On l’interroge sur les réactions de ce dernier pendant l’altercation et sur ce qu’en pense le C••• P•••.
Si personne ne s’y oppose, on décide donc de lui faire pénétrer la V•••.
b) Première rencontre : 
Le C••• P••• sort et demande au Récipiendaire son nom et ses qualités, puis il lui bande les yeux avant de l’introduire.
Les deux GG••• quittent leur poste pour attendre à l’huis de la Bar•••. Sitôt qu’il entre, il est emmené par les trois BB••• CC••• au milieu de la V•••, debout face au R••• Ch•••.
Le récipiendaire est positionné devant le centre de la V•••, face au R••• Ch•••.
Tous les BB••• CC••• de la vente lui font un interrogatoire serré, mais respectueux.
Puis le R••• Ch••• passe au vote, vote qui doit remporter l’unanimité pour que l’initiation ait lieue, sans quoi, elle est ajournée, et le Guêpier est reconduit au milieu de la forêt avec ses affaires, mais il aura été délesté de son argent. 
c) Initiation :
On le fait alors avancer auprès de la souche du R••• Ch••• , et on lui fait prêter l’obligation, laquelle sera prononcée sur deux armes à feu entrecroisées, ou sur une seule, ou bien encore sur le poignard rituel, alors qu’il est debout. Au moment du serment, les BB••• CC••• se lèvent, et le cercle se resserre autour de lui.
Le Serment est composé de cinq engagements :
  1. Ne rien révéler des secrets de ce qui se fait en V••• ;
  2. Ne jamais tromper un B••• C••• ;
  3. Toujours porter assistance à un B••• C••• dans la détresse ;
  4. Punir les tyrans et les oppresseurs ;
  5. Rester fidèle à la liberté
Puis, à l’issue, le R••• C••• lui passe la couronne de feuilles, lui donne " l’acolée " sur le chignon du cou, et lui offre le poignard ou l’arme sur laquelle il a fait son serment.
Il lui enseigne la Parole sacrée (" Honneur, Vérité, Humanité "), lui dit que le Mot d’Ordre qui se donne chaque mois, de bouche à oreille, ne s’écrit jamais.
Enfin, il lui donne le signe de reconnaissance, dit de l’Echarpe (porter la main droite à l’épaule gauche et descendre jusqu’à la hanche droite comme si l’on était tranché d’un coup de hache que l’on se donnait à soi-même plutôt que d’être parjure).
Le récipiendaire est ensuite salué par tous les BB••• CC••• qui l’embrassent et se réjouissent avec lui.
Ensuite, on partage avec lui le pain et le vin de l’hospitalité et on lui donne la menue monnaie qu’il y a sur la souche du R••• C•••.
Il repart en sus avec l’arme sur laquelle il a fait son serment et la couronne d’églantines ou de feuilles.
FERMETURE DES TRAVAUX
Le R••• Ch••• bat la diane ; les deux BB••• CC••• GG••• du Chantier battent l’un après l’autre de gauche à droite.
Puis le R••• Ch••• invite les BB••• CC••• présents à se mettre à l’ordre.
Le R••• Ch••• bat ensuite cinq coups et déclare la V••• fermée. 

LES BRAISES SOUS LA CENDRE
Réveil du carbonarisme initiatique et insurrectionnel

RIT••• PRIMITIF C•••
2ème GRADE - MAÎTRISE
Passage de la vie à la mort
DISPOSITION ET OUVERTURE
DES TRAVAUX DE LA V•••

Rien ne change par rapport à l’initiation au 1er Grade, si ce n’est, bien sûr, que l’assemblée n’est faite que de BB••• CC••• MM••• Ch•••, et qu’elle doit avoir lieu impérativement à la nuit tombée.
La table commune du R••• Ch•••, du Veil••• et du Voy••• est libre de tout objet.
Les bases ne sont composées que des cinq outils symboliques traditionnels que sont le Drap blanc, l’Eau, le Feu, le Sel, et le Miroir, et rien d’autre.
L’App••• attend à l’extérieur de la V••• avec le C••• P•••.
Il est venu avec son Arme, si possible celle sur laquelle il a prêté son serment, ainsi que la Couronne d’églantines dont il fut coiffé.
S’il ne l’a plus, une autre lui est faite par le C••• P•••.
Il a été convoqué bien plus tôt dans la journée, et c’est le C••• P••• qui l’a accueilli avec une pelle, ou une pioche, en l’invitant à creuser une fosse dans un endroit assez retiré par rapport à la V••• , et c’est pourquoi il est impératif que la V••• ait lieu en extérieur, afin que la fosse puisse être creusée à même la terre…
Pendant tout ce travail exténuant, le C••• P••• n’aura pas établi le moindre contact avec l’App•••.
La fosse doit être suffisante pour qu’on y inhume l’App•••.
Il est possible que cette tâche lui ait coûté beaucoup d’efforts, mais le C••• P••• ne lui offrira rien pour le réconforter.
Si l’App••• renonce à l’ouvrage, le C••• P••• ne le retiendra pas, mais la Table Ronde des BB••• CC••• ChQ lui sera refusée.
OUVERTURE DES TRAVAUX
1 - Batteries et acclamations rituelles d’ouverture :
Le R••• Ch••• bat l’Av••• ; les deux GG••• du Chantier battent l’un après l’autre de droite à gauche. Sitôt l’Av••• battu par les trois BB••• CC••• , le R••• Ch••• invite les BB••• CC••• présents à se mettre à l’ordre, lui compris et l’on crie : " A l’Av••• ! ".
Le R••• Ch••• bat ensuite l’Av••• de cinq coups, et déclare la V••• ouverte.
On quitte l’ordre.
2 - Présentation des bases :
On fait entrer l’App••• couronné. Sa poitrine doit être nue.
On le met face aux Bases, à l’ordre. Le R••• Ch••• , s’adressant au Veil••• lui demande comment l’on fait un B••• C••• M••• Ch••• .
L’autre lui répond en désignant de la main les bases, et les commente. Son commentaire doit être sombre, et la dimension de la transgression, de la violence et de la mort doivent transparaître, car on passe du spéculatif (App••• ) au politique (M••• ).
3 - Questions :
Le R••• Ch••• s’adresse ensuite au Voy••• , et lui fait le même jeu de questions-réponses auquel il s’était déjà prêté lors de la cérémonie d’initiation.
Cependant, si au Gr••• d’App••• , le Voy••• était censé apporter " l’Honneur, la Vérité et l’Humanité ", au Gr••• de M••• , il apportera : " rien ".
4 - Procession funèbre :
Le R••• Ch••• demande à l’App••• , toujours à l’ordre, de quitter sa Couronne d’aubépines blanches (ou, à défaut, de feuilles). Il la lui dépose au milieu du Drap blanc, parmi les Bases.
Puis, la V••• toute entière quitte la Bar••• et se met en procession funèbre, dans un silence lugubre que rien ne doit troubler.
Le R••• Ch••• ouvre la procession, marchant le premier en portant la lampe de l’Assemblée. Il est suivi par les deux GG••• de la V••• , le Veil••• et le Voy••• .
Chacun de ces quatre BB••• CC••• tient l’une des Bases : le Feu, l’Eau, le Sel, et le Miroir.
Suivent quatre BB••• CC••• qui tiennent chacun un coin du Drap blanc sur lequel reposent la Couronne et le Poignard.
Ces quatre BB••• CC••• sont les trois derniers reçus MM••• de la V••• et l’App••• qui demande son passage à la M•••.
Viennent ensuite tous les BB••• CC••• de la V••• . Si la discrétion n’est pas de mise, les BB••• CC••• devront chacun porter un Flambeau.
La procession est close par le C••• P••• , toujours armé. 
5 - Inhumation :
La procession s’arrête devant la fosse creusée par l’App•••.
Elle forme un vaste cercle autour de la tombe fraîche.
Le R••• Ch••• demande à l’impétrant et aux trois MM••• qui l’aident de déposer le " Linceuil " et la Couronne au fond de la fosse.
La chose étant faite, le R••• Ch••• s’approche de l’impétrant, flanqué du Voy••• et du Veil••• , et il lui fait le Baiser de Paix.
Puis tous les BB••• CC••• de la V••• défilent en silence devant la tombe.
S’ils ont les Flambeaux, chacun leur tour ils l’éteignent en passant devant la tombe.
C’est le R••• Ch••• qui clôt le défilé en soufflant sa propre lampe de telle sorte que, à la fin, la seule source de lumière doit être le Feu - c’est-à-dire la Base portée par l’un des dignitaires de la V••• .
Puis, sur un signe du porteur du Feu, celui-ci, le porteur de l’Eau, le porteur du Sel et le porteur du Miroir jettent ensemble dans la tombe les quatre Bases restantes.
Alors, dans la plus grande obscurité, le R••• Ch••• donne à l’App••• la pelle ou la pioche avec laquelle il avait creusé la fosse afin qu’il inhume le Cadavre.
A chaque pelletée de terre, les BB••• CC••• Ch••• s’en vont les uns après les autres. Il n’y a pas de fermeture des Travaux. Ne restent à la fin de l’inhumation que le nouveau M••• et le C••• P•••.
Celui-ci devra le raccompagner jusqu’à un endroit où il lui fera brûler le Mannequin. Il pourra certes boire avec lui, mais jamais lors de la nuit il ne l’entretiendra de la Ch••• .
Quelques jours plus tard, le R••• Ch••• ou tout autre B••• C••• mandaté par ce dernier lui fera l’instruction du signe de l’Echelle (porter les poings serrés, pouces relevés à hauteur des épaules, et les descendre brusquement jusqu’à hauteur des hanches) et lui donnera le mot de passe du Gr••• de M••• qui est : " rien ".