Travaux de Table Maçonniques

BANQUET
ou 
"AGAPE FRATERNELLE"
Le banquet ou « agape fraternelle », est une des plus vieilles et des plus solides traditions maçonniques.
Déjà les Constitutions d'Anderson y font allusion, ainsi que les « règlements » qui leur font suite.
Dès cette époque, les tenues et les assemblées de Grande Loge se terminaient par un banquet et Anderson recommande aux Frères de ne pas les transformer en orgies, consigne qui paraît généralement avoir été suivie.
La tradition du banquet s'est transmise en France, ce qui explique les multiples assemblées dans les restaurants ou chez les traiteurs et le fait que l'opinion publique assimilait souvent la Maçonnerie aux sociétés bachiques nombreuses à l'époque.
La tradition s'est maintenue. Chaque tenue est suivie - obligatoirement d'un banquet ou «agape fraternelle».
Au Rite Emulation, le banquet est rituel, c'est-à-dire que la table est en fer à cheval, présidée par le Vénérable, tandis que les deux surveillants se tiennent à chaque bout.
On commence par les « Grâces » récitées par le chapelain et le repas est ponctué par une série de « toasts » , les « toasts officiels » au Président de la République (en Angleterre à la Reine), aux souverains et chefs d'Etat qui protègent la Maçonnerie, au Grand Maître), les « toasts traditionnels » (à la Grande Loge, au Grand Maître Provincial, s'il y a lieu à l'initié du jour qui répond, aux loges saurs et aux visiteurs), puis « aux absents », enfin « à tous les Maçons pauvres et dans la détresse ».
Dans les loges travaillant aux Rites Français et Ecossais, l'agape fraternelle qui suit la tenue est souvent assez rapide et assez simple, présidée par le Vénérable qui dit parfois quelques mots au dessert. Les femmes des Frères y sont parfois admises.
Les fêtes solsticiales organisées par les loges se terminent en général par un banquet  blanc auquel sont invitées les familles des Frères.
Il y a parfois les toasts traditionnels, plus ou moins sécularisés u selon les circonstances et toujours un ou plusieurs discours.
L'équivalent du « banquet blanc » pour la Maçonnerie anglaise est la ladies night.
Les assises nationales ou provinciales des différentes Obédiences se clôturent également par un banquet, le plus souvent strictement réservé aux participants et aux représentants des puissances maçonniques invitées.
Aussi, les discours qui y sont prononcés ont-ils parfois une certaine importance « politique ».
Aux Rites Français et Écossais, se pratique le « banquet d'ordre » strictement réservé aux Frères.
La table est également en arc de cercle, il est défendu de parler à haute voix et de fumer.
Le service de table est fait par les Apprentis. L'intérêt de ces cérémonies est qu'elles ont conservé un rituel assez particulier que l'on admet emprunté aux traditions des loges militaires sous l'Ancien Régime.
Dans ces u travaux de mastication « ou »  travaux de table n, on se met à l'ordre de table, mains sur la table et serviette sur l'épaule et la chaîne d'union se fait en joignant les serviettes.
On emploie aussi un vocabulaire spécial qui peut évidemment faire la joie des profanes, l'eau est la « poudre faible », le vin la « poudre forte »,  le champagne la « poudre pétillante » , les liqueurs la  « poudre fulminante », le pain du « mortier » ou la  « pierre brute », la bouteille ou la carafe la « barrique », le verre le « canon » , les serviettes les « drapeaux », les assiettes les  « tuiles », les plats des « plateaux » , les cuillères des « truelles », les fourchettes des « pioches », les couteaux des « glaives », le sel le « sable », le poivre le « sable jaune », les aliments des « matériaux ».
Teissier, en 1856, ajoute qu'il existe un vocabulaire de « banquet d'adoption ». Verre se dit « lampe », d'où souffler la lampe  pour «  boire », vin se dit « huile », etc.
Au banquet d'ordre, les Frères portent l'écharpe ou le sautoir et, parfois, doivent se décorer au plus haut grade qu'ils possèdent.
Le banquet existe également à certains hauts grades.
Tantôt, il s'agit de simples a banquets d'ordre n réunissant les titulaires de tel ou tel grade, mais à tous les grades de Rose-Croix, il existe une cérémonie spéciale, a l'agape du Jeudi Saint, banquet d'ordre d'un type spécial au cours duquel les Chevaliers consomment l'Agneau traditionnel.
Un rituel de 1765 publié par Paul Naudon décrit ainsi la cérémonie après la tenue, le Très Sage prend la tête du cortège qui quitte la salle, le a dernier reçu n reçoit l'ordre de préparer la table qui est couverte d'une nappe blanche avec un pain blanc dans un bassin et trois bougies.
Les Frères ôtent les boucles de leurs souliers et reçoivent une baguette, ils se tiennent debout autour de la table, le Très Sage fait une prière, rompt le pain qu'il distribue, fait de même avec une coupe de vin, puis «jette le reste au feu en forme d'Holocauste ».
L'Agneau rôti doit être entier, on coupe d'abord la tête et les pieds que l'on jette au feu avant de manger. Pendent tout le repas, les Chevaliers sont tête nue et silencieux.
Banquet blanc. Banquet organisé auquel des profanes peuvent être invités.